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RECONSTRUCTION D'UN ESCALIER EN BÉTON AVEC RAMPE EN ROCAILLE

Démolition et reconstruction selon les techniques d'époque d'un escalier rocaillé du XIXème à Arcachon, Gironde.

Première étape de la restauration : le travail de documentation

Avant toute chose, un tel chantier nécéssite un travail de recherche et de documentation.
Il faut en effet réussir à situer l'ouvrage dans un contexte historique pour comprendre comment il a été réalisé, pour retrouver des pistes sur les techniques qui ont été employées, sur les moyens techniques de l'époque, et puis surtout pour comprendre l'esthétique de l'ensemble.
On commence donc par faire le tour des médiathèques et du web à la recherche d'un maximum d'informations, puis les recherches sur le terrain permettent de pousser un peu plus avant... Ce travail historique et ethnologique permet de se plonger dans l'ambiance de l'époque, et de retrouver le véritable esprit de la création.
Pour moi c'est une des clés du succès lorsque l'on veut restaurer un ouvrage ancien.

Choix techniques et esthétiques

La phase de documentation m'a permis de mieux comprendre le processus de construction d'un tel ouvrage, j'ai pu trouver des informations sur le mortier, les dosages à utiliser, les étapes de mise en oeuvre... Mais elle m'a surtout permis de découvrir l'histoire du patrimoine rocaillé et des artisans rocailleurs qui ont eu leur époque de gloire entre la fin du 19ème siècle et le début du 20ème.
J'ai pu évaluer la valeur esthétique de l'escalier d'origine, en le comparant à d'autres ouvrages similaires datant de la même époque. J'en ai conclu qu'il s'agissait probablement d'un coup d'essai, ou d'un ouvrage ayant déjà subi une restauration quelque peu

Démolition complète, recyclage des fers et gravats

La première phase du chantier à été une phase de démolition. En effet, humidité et salinité de l'air ont fini par avoir raison de l'étanchéité du ciment, et la rouille s'est attaquée aux fers, endommageant sérieusement la structure.

J'ai donc patiemment démoli la rampe, puis la structure en béton en elle même au marteau piqueur électrique, pour ne pas endommager quoi que ce soit. Il ne restait au final qu'une carcasse métallique suspendue par quelques cordes...

Reprise de la structure en béton

Il m'a fallu alors reprendre mes notes et commencer à coffrer le limon, le pilier et son contreventement (que j'ai amélioré au passage), et enfin la plateforme d'étage.
En démolissant l'ancien j'ai pu constater que les marches avaient été coffrées à part, puis mises en place déjà finies dans le coffrage du limon avant de couler celui ci... Ça m'a aidé à résoudre ce problème technique, qui n'était pas des moindres, et j'ai suivi la même procédure.

Rampe en fausses branches

Une fois la structure coulée, j'ai pu attaquer le travail de rocaillage à proprement parler...
Il s'agit de mettre en place des fers d'armature, de les emballer dans du grillage à poules, et d'appliquer une première couche de remplissage des cages ainsi formées. Une deuxième couche de mortier vient donner leur forme aux branches, et une troisième sert de couche de finition, c'est là qu'il faut sortir les talents de sculpture!
Ce type de travaux demande une grande maîtrise : dosage des mortiers, habitude de la matière et de l'outil, capacité d'adaptation aux conditions climatiques, coup d'oeil et patience...

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